On est dimanche, il fait un temps gris et pourtant le jardin est d'un vert insolent.

J'ai souffert (sisisi au moins ça) pendant plus d'une semaine l'atroce souffrance d'une "privée" de châtaignes. Et là, là tout d'un coup je le vois trônant au fond du jardin avec son feuillage encore bien touffu et son parterre de piquants. Je l'avais outrageusement oublié, moi l'enfant de la maison, moi la gourmande (et presque la seule à manger de ce "pain" là). comment ai je pu ???

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Comme il est doux le plaisir, de sentir l'herbe mouillée (de la rosée du matin hoh là tout de suite la pluie non mais faut pas croire ici il fait beau plusieurs fois par jours! na!), de se baisser, accroupie, limite je m'assoirais bien mais bon je suis "en dimanche" et je doute que la boue sur mon pantalon noire soit bien vu par le dogme maternel. (même si mon frère en maillot de bain ça peut pas être pire!)

Comme il est savoureux de retrouver de vieux réflexe, faire rouler les châtaignes dans sa main pour savoir si on va oui ou non la ramasser, apprécier la couleur, jauger la dureté et finir dans le sac (ou pas).

Comme il est "douloureux" de retrouver ce piquant, ces bogues dissimulées sous l'herbe qui te prennent en traîtres et qui te rappelle que la cueillette n'est pas QU'une partie de plaisir.

Comme il est merveilleux ce saut en arrière dans le passé des souvenirs, les ramassages de bois morts (nettoyage du jardin) qui vont servir ensuite à la grillade des châtaignes (pour récompenser les valeureux ouvriers=>j'ai toujours trouvé que ma grand-mère savaient si prendre pour motiver les troupes de petits enfants à affronter le froid la pluie et l'aider à nettoyer le "parc"...) .

Comme j'aime retrouver la tradition des "philipines" même si cette année je pense que je la ferais seule sauf si mes adeptes de châtaignes éloignées connaissent la tradition. Cette impatience d'enfants d'avoir des "jumelles", de choisir quelqu'un pour "phillipine" et ces réveils au petit matin pour être le premier à dire "philipine" à l'autre sous peine de devoir offrir un petit cadeau à celui qui a été le premier.

Des petits riens du quotidien, des petits riens des souvenirs d'enfants qui ont des odeurs de pluie, de bottes, de feux de bois, de doigts brûlés, de courbatures, de longues ballades dans les bois entre les champignons (que maman repère au "nez" ) et les chataîgnes. Les odeurs du chien mouillé et des enfants pleins de boue (direction le bain à peine rentré) ...

Il a suffit de quelques merveilleuses minutes pour faire remonter tout ça, pour un plaisir juste infime, juste ephémère mais si doux!

Et le soir sous le froid d'un appartement vide et seul, l'odeur de châtaigne explosant dans le four... c'est déjà bien bon manque juste le feu de bois (je crois que j'ai pas fait une entaille assez grosse)

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Et vous vos souvenirs de chataîgnes c'est quoi?